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AHOY, le souffle de l'espoir

Une transatlantique pour lutter contre la mucoviscidose

Ahoy, c’est le salut traditionnel des marins. Mais c’est surtout l’aventure de quatre copains, dont l’un atteint de mucoviscidose, qui ont décidé de prendre la mer en septembre dernier pour sensibiliser sur sa maladie. Sept mois après leur grand départ de Vendée, les vents et les courants les ont portés jusqu’aux Grenadines, où après de longues discussions, les quatre garçons ont fait le choix de mettre leur aventure en stand-by.

11 000 milles pour greffer le souffle de l’espoir 

Thibaud, marin expérimenté et capitaine du voilier, Jérémy fils de sous-marinier et Romain le globe-trotteur de la bande accompagnent Alexandre afin qu'il partage son expérience et se mobilise autour de la lutte contre la mucoviscidose. Atteint de cette maladie génétique incurable depuis son tout jeune âge, il a subi une greffe des poumons en 2017 alors qu'il n'avait plus que 10 % de ses capacités respiratoires. C'est de ce nouveau souffle qu'est né le projet de prendre le large.  Décidés à traverser l’Atlantique pour sensibiliser les différentes populations sur la lutte contre la maladie et le don d’organes, les navigateurs ont embarqué à bord d’un Oceanis Clipper 411 en septembre 2019.


La Team "AHOY" à bord de l'Oceanis 411 Clipper (crédit photo Frédéric Borgne)

Les partenaires embarquent

Afin de mener à bien ce projet, ils ont tous ont fait une pause dans leur vie professionnelle ou étudiante et ont embarqué avec eux de nombreux partenaires, dont BENETEAU, qui les ont aidés à faire de ce projet une réalité. Un accompagnement précieux pour préparer le bateau, former l’équipage aux premiers secours, à la navigation ou à la météo. Des acquis qu’ils ont pu valider lors de la première partie de leur voyage, une descente jusqu’aux Canaries rythmée par de nombreuses escales le long des côtes espagnoles et portugaises, des checks réguliers du bateau et surtout des rencontres dans des écoles pour porter leur message sur la mucoviscidose et le don d’organes.

21 jours et 6 heures

C’est de Gran Canaria, où ils ont été accueillis par l’Alliance Française, que Thibaud, Jérémy, Romain et Alexandre ont préparé pendant trois semaines le gros morceau de leur voyage : la traversée de l’océan Atlantique. Avitaillement (220L d’eau en bouteille, 4 chariots de nourriture, fruits et légumes frais), ajout d’un groupe électrogène par sécurité, entretien du moteur, vérification du gréement et de la quille : rien n’a été laissé au hasard. Sur les conseils de leur routeur météo, les garçons ont pris la mer à bord de leur Oceanis le 7 décembre avec toute l’appréhension et l’excitation qu’un tel projet implique. Réservant la connexion internet aux urgences, l’équipage a vite trouvé sa routine : lecture, jeux, préparation des repas, pêche (dorades, thons…), apéros en toute convivialité et baignades ont rythmé les 21 jours et 6 heures de traversée jusqu’en Martinique. De cette traversée, les quatre marins gardent un souvenir ému de leur 24 décembre. 

Romain :  « Nous avons passé un noël mémorable en plein mer, ça fait plaisir d’ouvrir des cadeaux au milieu de l’océan. On a passé un cap, nous sommes à présent des marins confirmés. Peu de personnes ont la chance de traverser l’Atlantique, c’est un beau symbole. » 

 


Nöel en pleine mer, un souvenir innoubliable !

De Fort-de-France à l’Elysée

A leur arrivée, après s’être accordé du bon temps en famille et avoir profité des charmes de l’île, l’équipage d’Ahoy a poursuivi ses actions de sensibilisation dans les établissements scolaires et la presse locale. Romain et Alexandre sont rentrés à Paris en février pour permettre à ce dernier de réaliser des examens médicaux. Il avait prévu quatre retours pour faire des contrôles durant le voyage. Alexandre a profité de sa venue pour faire une belle surprise aux élèves de l’école Sainte-Anne de Sablé qui suivent l’aventure depuis le départ en vidéo. Mais ce fût surtout l’occasion pour eux de rencontrer Brigitte Macron le lundi 3 février 2020 au Palais de l’Elysée. 

Alexandre : « Nous avons eu de bons échanges sur la maladie, le don d’organes et les moyens que l’on pouvait mettre en place. On va essayer de faire des choses ensemble. »

Romain et Alexandre en compagnie de Brigitte Macron à l'Elysée.

Ne pas prendre de risques

Covid-19 oblige, et après de longues discussions les quatre amis ont fait le choix d’arrêter temporairement leur aventure. En raison de sa transplantation, Alexandre à un système immunitaire fragile et doit observer très strictement le confinement et les gestes barrières depuis son retour en France le 23 mars dernier. 

« D’un côté, sur le bateau où nous étions quatre, je ne risquais pas d’être contaminé, personne n’avait le virus, et rester confiné sur le bateau, c’était une sécurité. Mais d’un autre côté, comme j’ai un rendez-vous médical important à la mi-avril, je ne pouvais pas risquer de ne pas avoir de vol pour la France »

Tout au long des 11 000 km parcourus, les jeunes marins ont donné une vision positive du handicap. A travers ce défi Alexandre, a prouvé que la maladie n’est pas une fatalité.  

« Quand on est en attente d’une greffe, il ne faut pas baisser les bras. Cette maladie m’a permis de réaliser des projets que je n’aurais jamais entrepris et de faire de belles rencontres. » 

Et bonne nouvelle, si Alexandre est parti avec 85% de capacité respiratoire, il est revenu avec 105% de capacité. Il n’y pas pour le moment pas d’explications scientifiques mais l’air marin et le bien être au quotidien lui ont été bénéfiques. Le souffle de l’espoir…

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